Project Rally One : des premiers essais en Allemagne aux routes des Vosges, le WRC 2027 se prépare
Par Philippe Schmidt — 11 septembre 2026
Project Rally One avance vers son rendez-vous avec le championnat du monde des rallyes. Après une première séance de roulage en Allemagne, la voiture poursuit son développement dans les Vosges. Pour le projet porté par Lionel Hansen, Yves Matton et Prospeed, cette succession d’essais marque une étape essentielle dans la préparation d’une nouvelle voiture destinée au règlement WRC27.

L’objectif annoncé est ambitieux : engager deux exemplaires au Rallye Monte-Carlo 2027. Pour y parvenir, les prochains mois devront permettre de transformer les premiers enseignements du prototype en une base suffisamment aboutie pour la compétition.
Une nouvelle porte d’entrée dans le championnat du monde
La FIA a officiellement présenté Project Rally One le 17 décembre 2025 comme le premier nouveau constructeur appelé à rejoindre le WRC dans le cadre réglementaire de 2027.
Cette évolution ouvre l’homologation aux préparateurs indépendants, désignés comme « tuners ». Une structure spécialisée peut ainsi concevoir sa propre voiture et accéder au statut de constructeur.
Le projet rassemble l’ingénieur Lionel Hansen, Yves Matton, ancien dirigeant de Citroën Racing et ancien directeur du rallye à la FIA, ainsi que Prospeed. Cette association réunit des compétences de conception, de préparation et de connaissance du championnat mondial.
Pour le rallye, l’enjeu est important : élargir les possibilités d’engagement et donner une place supplémentaire aux structures capables de développer une voiture. La réussite se mesurera ensuite sur la durée, à travers les résultats, la fiabilité et la capacité à accompagner les équipes qui pourraient exploiter ces nouvelles machines.
En Allemagne, les premiers kilomètres du prototype
Les premières informations détaillées sur les roulages ont été publiées début septembre. Selon les déclarations de Lionel Hansen à L’Équipe, reprises par Motorsport.com, la voiture a effectué environ 300 kilomètres en trois jours sur un circuit allemand.
Hansen indique qu’aucun problème n’a été rencontré pendant cette session, malgré des sollicitations sur les vibreurs et à haute vitesse. Ce bilan est celui communiqué par l’équipe à l’issue de ses premiers essais.
Ces kilomètres constituent un premier indicateur encourageant. Ils ne permettent toutefois pas de conclure à la fiabilité sur une épreuve complète, ni de situer la voiture face à ses futures concurrentes.
Dans un programme de développement, chaque séance doit apporter des réponses : la voiture fonctionne-t-elle comme prévu ? Son comportement est-il constant ? Les solutions retenues supportent-elles la répétition des contraintes ? C’est l’accumulation de ces réponses qui permettra de progresser vers une configuration de compétition.
Les Vosges, nouvelle étape du développement
Dans son article du 10 septembre, AUTOhebdo rapporte que Project Rally One poursuit ses essais en France, dans les Vosges, après les premiers roulages allemands.
Le média évoque Stéphane Lefebvre comme pilote probable de ces séances, tout en précisant que sa participation n’a été officiellement confirmée ni par l’équipe ni par l’intéressé. Il convient donc de conserver cette réserve et de ne pas en déduire un engagement sportif pour 2027.
Le passage à des essais en conditions de rallye représente une étape importante. Il permet de prolonger les premiers contrôles par un travail plus représentatif de l’utilisation future de la voiture.
Les informations publiques disponibles ne détaillent cependant ni les routes empruntées, ni le kilométrage effectué dans les Vosges, ni les réglages évalués. Aucun bilan technique complet de cette séance ne permet, à ce stade, d’en tirer des conclusions sur les performances.
Les prochains essais : asphalte en septembre, terre en octobre
Lionel Hansen annonce la poursuite du développement sur asphalte en septembre, puis des essais sur terre en octobre. Il évoque une avance d’un mois sur le calendrier initial de cette séquence de travail.
Concernant les Vosges, il faut distinguer les roulages rapportés cette semaine d’éventuelles séances ultérieures : aucune date précise de retour n’est confirmée dans les sources consultées.
L’alternance entre les surfaces sera particulièrement intéressante à suivre. Une voiture destinée au championnat du monde doit offrir un comportement exploitable dans des environnements très différents. Le développement doit donc rechercher un équilibre entre performance, résistance et facilité de mise au point.
Une voiture conçue pour le cadre WRC27
Dans sa présentation initiale, la FIA décrit une architecture comprenant une cellule de sécurité tubulaire, des suspensions à doubles triangles, quatre roues motrices et un moteur thermique turbocompressé de 1,6 litre alimenté par un carburant durable.
Elle annonçait également une campagne de développement de plus de 6 000 kilomètres sur terre et asphalte avant homologation. Ce chiffre correspond au programme envisagé lors du lancement, et non à une distance déjà parcourue.
Cette distinction donne la mesure du travail restant après les premiers essais. Le développement d’une nouvelle voiture se construit par étapes, avec des validations successives et, lorsque nécessaire, des corrections.
Monte-Carlo 2027 : un objectif qui reste à concrétiser
Lionel Hansen maintient l’ambition d’aligner deux voitures dès le Monte-Carlo 2027. Il s’agit d’un objectif annoncé, dont la réalisation dépendra de la progression du programme et de l’homologation.
Les prochaines annonces permettront de mieux apprécier cette trajectoire : bilan des essais sur terre, poursuite des validations, calendrier sportif et identité des équipages.
À ce stade, les premiers roulages démontrent surtout que le projet est entré dans une phase concrète de développement. Sa compétitivité devra ensuite se vérifier au chronomètre.
Mon regard sur Project Rally One
Ce qui retient mon attention, c’est la possibilité de voir une structure indépendante construire une proposition crédible pour le plus haut niveau du rallye.
L’expérience de Lionel Hansen, d’Yves Matton et de Prospeed donne une raison solide de suivre ce programme. Elle s’accompagne désormais d’un travail sur le terrain, dont les essais dans les Vosges constituent une étape visible.
Pour les équipes et les pilotes, l’intérêt futur dépassera la seule vitesse. La disponibilité des pièces, la qualité de l’assistance technique, la facilité d’entretien et la maîtrise des coûts d’exploitation compteront également dans l’attractivité d’une nouvelle voiture.
C’est sur cet ensemble que se construira, selon moi, la réussite durable des nouveaux constructeurs indépendants. Project Rally One offre déjà un sujet passionnant à suivre, des premières séances de développement jusqu’à ses débuts en compétition.
L’ouverture du WRC aux préparateurs indépendants peut-elle apporter la diversité et les nouvelles opportunités dont le rallye mondial a besoin ?




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