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Automobile : un week-end exceptionnellement riche entre Paris, Chantilly, Baja, WRC et Formule 1

il y a 1 jour
5 min de lecture

Les 12 et 13 septembre 2026 resteront comme l’un de ces week-ends où l’actualité automobile semble soudain se concentrer partout à la fois. 



Collection, patrimoine, concours d’élégance, rallye-raid, WRC, Formule 1 : de Paris à Madrid, de Chantilly au Chili et de la Creuse à l’Aragón, toutes les facettes de la passion automobile étaient représentées. Et cette séquence particulièrement dense avait commencé dès le samedi, au cœur du 17e arrondissement de Paris.


Samedi : le patrimoine automobile s’installe avenue Carnot


Le samedi 12 septembre, l’avenue Carnot, avec l’Arc de Triomphe en perspective, accueillait Les Rétros du 17. L’événement réunissait voitures et motos anciennes, démonstrations dynamiques, baptêmes en side-car et véhicules historiques, dans une ambiance très populaire et accessible.


L’intérêt de ce type de manifestation dépasse largement la simple exposition statique. Faire sortir les véhicules des garages et des collections, les replacer dans la ville et permettre au public de les voir évoluer contribue directement à la transmission de la culture automobile.


Dans un environnement urbain où la voiture ancienne apparaît parfois comme un objet appartenant au passé, voir ces mécaniques reprendre possession d’une avenue parisienne avait quelque chose de particulièrement rafraîchissant.


Une automobile de collection doit être préservée, bien sûr. Mais elle doit aussi rouler, être vue et raconter son histoire.


Chantilly : l’automobile élevée au rang d’art

Le lendemain, le décor changeait radicalement. Direction le Château de Chantilly pour Chantilly Arts & Elegance Richard Mille, l’un des rendez-vous internationaux majeurs de l’automobile de collection.



Plus de 900 automobiles étaient réunies dans les jardins du Domaine, entre Concours d’État, Grand Prix des Clubs, concept-cars, collectionneurs et pièces d’exception. Ici, l’automobile n’est plus seulement regardée comme une mécanique ou un moyen de déplacement. Elle devient architecture, design, savoir-faire, histoire industrielle et parfois véritable œuvre d’art.


L’édition 2026 a notamment consacré une Delage D8 SS de 1933 comme Best of Show avant-guerre et une Ferrari 410 Superamerica de 1956 pour l’après-guerre. Le Bugatti Brouillard s’est également distingué parmi les concept-cars, restomods et pièces uniques. Les classes du Concours d’État illustraient parfaitement la richesse du plateau : Ferrari à moteur V12 avant, célébration de la Lamborghini Miura, grandes GT et voitures de compétition ayant marqué plusieurs décennies de sport automobile.


Chantilly démontre parfaitement que le marché des automobiles de collection ne repose pas uniquement sur des valeurs financières. La provenance, la rareté, l’authenticité, la restauration, le dessin, le palmarès et surtout l’histoire restent les véritables fondations des automobiles capables de traverser les générations.


Des Ferrari F40 dans Paris : une image devenue instantanément virale


Parmi les images fortes du week-end, impossible de ne pas évoquer plusieurs Ferrari F40 évoluant ensemble dans Paris. Voir une F40 dans la circulation parisienne constitue déjà un événement. En voir plusieurs réunies produit naturellement un tout autre effet. Ces images ont rapidement circulé et ont accompagné l’atmosphère très particulière de ce week-end automobile parisien et cantilien.


Cette séquence rappelle surtout la place particulière occupée par la F40. Présentée en 1987, elle reste aujourd’hui l’une des Ferrari les plus immédiatement reconnaissables et l’une des automobiles modernes les plus emblématiques du marché de la collection. Elle incarne une époque où performances extrêmes, poids contenu et sensations primaient encore largement sur l’électronique. Près de quarante ans plus tard, la F40 n’a pratiquement rien perdu de son pouvoir d’attraction.



Le Mas du Clos : l’héritage Pierre Bardinon continue de vivre


Autre lieu, autre symbole : le Mas du Clos. Le mythique tracé de la Creuse accueillait lui aussi des automobiles en piste ce dimanche. Conçu par Pierre Bardinon, le circuit du Mas du Clos est l’un des lieux les plus singuliers du patrimoine automobile français. Avec ses 3,1 kilomètres, ses courbes, ses changements de relief et son environnement naturel, il conserve une personnalité devenue rare sur les circuits contemporains.


Mais le Mas du Clos ne peut évidemment pas être séparé de l’histoire de son créateur. Pierre Bardinon fut l’un des collectionneurs Ferrari les plus importants de son époque. À travers sa collection et son circuit, il a contribué à préserver certaines des automobiles les plus significatives de l’histoire sportive de Maranello. Le simple fait que le Mas du Clos continue aujourd’hui à accueillir des voitures en piste constitue donc une forme de transmission.


Ce n’est pas seulement un circuit qui continue de vivre, mais une certaine idée de la passion automobile.


Baja Spain Aragón : Ferreira s’impose, week-end compliqué pour Dania Akeel


Pendant que les anciennes occupaient les pelouses de Chantilly, la compétition se déroulait sur un tout autre terrain en Espagne. À Teruel, la Baja Spain Aragón constituait l’un des grands rendez-vous rallye-raid du week-end. João Ferreira et Filipe Palmeiro ont remporté l’épreuve au volant de leur Toyota Hilux Evo, confirmant leur très haut niveau sur ce type de terrain.



Pour Dania Akeel et Sébastien Delaunay, le week-end fut nettement plus difficile. Après plusieurs difficultés, notamment la casse d’un amortisseur arrière, ils terminent finalement 16es au classement général. Le classement brut ne raconte pourtant qu’une partie de l’histoire. En rallye-raid, la performance se construit aussi sur la capacité à limiter les pertes lorsqu’un problème mécanique survient, à rallier l’arrivée et à accumuler des kilomètres utiles pour la suite d’une saison.


Rally Chile : Solberg gagne, Toyota entre encore un peu plus dans l’histoire


Au Chili, le WRC offrait également un week-end particulièrement important. Oliver Solberg et Elliott Edmondson remportent le Rally Chile au volant de leur Toyota GR Yaris Rally1. Ils devancent Sébastien Ogier et Vincent Landais, tandis qu’Adrien Fourmaux et Alexandre Coria complètent le podium. Mais l’autre information majeure est collective.


Toyota Gazoo Racing décroche au Chili un nouveau titre Constructeurs WRC, renforçant encore un peu plus sa place dans l’histoire du Championnat du Monde des Rallyes. Cette domination récente fait désormais écho aux grandes périodes historiques de constructeurs mythiques comme Lancia.


Pour les passionnés d’histoire du rallye, la symbolique est forte.

Les époques, les règlements et les technologies changent, mais certaines marques parviennent toujours à inscrire durablement leur nom dans les statistiques et dans la mémoire collective.



Madrid et le Madring : une nouvelle page pour la Formule 1


Enfin, la Formule 1 découvrait elle aussi un nouveau décor. Pour la première fois, le Grand Prix d’Espagne se disputait sur le Madring, nouveau tracé madrilène. Cette première édition restera associée à Kimi Antonelli, qui devient le premier vainqueur d’un Grand Prix de Formule 1 organisé sur ce circuit.

Le pilote Mercedes devance Max Verstappen et Lando Norris.


Au-delà du résultat sportif, Madrid inaugurait un nouveau chapitre dans l’histoire du championnat et dans la relation entre la Formule 1 et les grandes métropoles européennes.



Un seul week-end, plusieurs visions de l’automobile


Paris, Chantilly, le Mas du Clos, l’Aragón, le Chili, Madrid. En l’espace de quarante-huit heures, l’automobile aura occupé une avenue parisienne, les jardins d’un château, un circuit chargé d’histoire, les pistes cassantes d’une Baja, les spéciales du WRC et un tout nouveau Grand Prix de Formule 1. Cela pourrait sembler être six univers différents. Ils racontent pourtant la même histoire. Celle d’une automobile capable d’être simultanément patrimoine, compétition, technologie, design, objet de collection et vecteur d’émotion.


À mes yeux, c’est précisément cette diversité qui fait aujourd’hui toute la richesse de notre secteur. Les automobiles changent, les réglementations évoluent et les générations de passionnés se succèdent. Mais lorsque l’on voit une avenue parisienne remplie d’anciennes, une Delage récompensée à Chantilly, plusieurs F40 traverser Paris, des voitures reprendre la piste au Mas du Clos ou un équipage attaquer une spéciale à plusieurs milliers de kilomètres de là, une évidence demeure :

la passion automobile reste profondément vivante.


Et ce week-end des 12 et 13 septembre 2026 en aura fourni une magnifique démonstration.


 
 
 

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