Rallye de l’Alsace Bossue 2026 : Sébastien Loeb, Valentine et une passion qui se transmet

Un père, sa fille, une C4 WRC et les routes de mon Alsace natale. Il y a des annonces qui me parlent immédiatement. Celle de Sébastien Loeb accompagné de sa fille Valentine au Rallye de l’Alsace Bossue en fait partie. Les 19 et 20 septembre, Drulingen accueillera la 20e édition de cette épreuve, avec une belle promesse : réunir le plaisir du rallye, les souvenirs du championnat du monde et la transmission d’une passion.
Dimanche, Sébastien prendra le volant de la Citroën C4 WRC en ouverture, avec Valentine à ses côtés. Leur voiture portera le numéro 0 : ils passeront avant les concurrents, hors classement. Valentine a déjà accompagné son père en essais, mais cette participation lui fera découvrir le cadre d’une épreuve.

J’imagine ces instants dans l’habitacle : la concentration avant de partir, les sensations que l’on découvre, les impressions que l’on échange ensuite. Je ne prétends pas savoir ce qu’ils ressentiront. Mais l’idée de partager ainsi son univers avec son enfant me touche. Une passion se transmet aussi de cette manière, en vivant quelque chose ensemble.
La C4 WRC donne à cette histoire une force supplémentaire. Avec ce modèle, Sébastien Loeb et Daniel Elena ont remporté quatre titres mondiaux consécutifs, de 2007 à 2010. Il faut bien distinguer le palmarès du modèle de celui de l’exemplaire présent : sans son numéro de châssis et son historique, on ne peut pas lui attribuer personnellement toutes ces victoires.
Une pensée également pour Yves Matton, team manager de Citroën Sport lors du premier de ces sacres, en 2007, sous la direction de Guy Fréquelin. Son parcours a ensuite connu une interruption chez Citroën début 2008, avant son retour à la tête de Citroën Racing en 2012. Sa place dans cette histoire mérite d’être rappelée avec précision : derrière les équipages, il y a toute une équipe qui rend les succès possibles.
Le week-end commencera dès samedi à Drulingen. Le règlement prévoit les vérifications administratives de 13 h 30 à 18 h 35 et techniques de 13 h 45 à 18 h 45. Le parc de départ se constituera place Martzloff entre 14 h 30 et 20 h.
Un grand spectacle gratuit est annoncé vers 20 h 30 sur la place Martzloff. Sa nature reste volontairement secrète dans la présentation de l’événement : laissons aux organisateurs le plaisir de la révéler. Jean-Claude Rieger, président de la SMAB, explique que l’effort a particulièrement porté sur la fête entourant cette édition anniversaire. Plus de 180 bénévoles sont mobilisés.
Dimanche, le départ est prévu à 8 h de Drulingen et l’arrivée à partir de 16 h 25. Le règlement décrit 162,40 km de parcours, dont 39,88 km chronométrés, répartis en cinq spéciales :
Spéciales | Tracé | Distance par passage | Passages |
ES 1, 3 et 5 | Mackwiller | 7,02 km | 3 |
ES 2 et 4 | Kirchberg | 9,41 km | 2 |
Le parc d’assistance est situé sur le parking du centre E.Leclerc à Sarre-Union. La remise des prix est annoncée vers 19 h dimanche, salle des fêtes place Martzloff. Ces indications proviennent du règlement officiel ; les horaires individuels de passage doivent être vérifiés sur les documents définitifs de l’épreuve.
Pour les spectateurs, des zones sont annoncées notamment à Berg, Thal-Drulingen, Rimsdorf et Domfessel. L’accès se prépare en suivant le balisage et les consignes des commissaires, en laissant les accès dégagés.
La compétition mérite elle aussi toute l’attention. La liste publiée réunit 151 équipages entre moderne, VHC et VHRS. On y retrouve notamment David Edel et Isabelle Galmiche sur Lancia Ypsilon, ainsi qu’Eric Hoerner et Nicolas Mora sur Škoda Fabia. Les Porsche 991 GT3, 997 GT3 et 996, mais aussi une Opel Speedster et une Lotus Exige Cup, apportent de la diversité au plateau annoncé.
Pour moi, cette présence de la C4 WRC pose aussi une belle question de fond : comment continuer à faire vivre les voitures qui nous ont fait vibrer ? Les revoir sur les routes, entendre leur moteur, rencontrer ceux qui les entretiennent, c’est donner une réalité à des souvenirs et permettre à une nouvelle génération de les découvrir.
Dans mon métier, j’aime accompagner cette envie. Un tel projet se construit autour de l’historique de la voiture, de son état, de ses besoins d’entretien, de la disponibilité des pièces et de l’équipe qui pourra la suivre. Il faut aussi identifier les événements et les conditions dans lesquels elle pourra rouler. Une présence en ouverture ne signifie pas une admissibilité automatique en compétition, et le budget mérite une étude complète, au-delà du seul prix d’achat.
Ce qui m’intéresse, c’est de rendre cette aventure concrète pour le passionné qui souhaite la vivre. Préserver une automobile de rallye, c’est préserver aussi les savoir-faire, les histoires et les émotions qui l’accompagnent.
Ce week-end, dans ma région natale, cette transmission aura un visage particulièrement attachant : un père et sa fille, réunis dans une voiture devenue emblématique. Autour d’eux, des équipages, des bénévoles et un public feront vivre la même passion. C’est ce rallye-là que j’aime.




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